Old Old Words

drops from an archaeological ocean — to be reworked

Month: November, 2008

excrétion

Magnifiques notations de Boulez. Encore si instinctif, si élancé, si doux.

La création bloquée, sans cesse.
Un complexe lancinant vers les hautes sphères (intellect, etc..). Je préfère le travail répétitif, le travail d’artisan.
Un complexe lancinant vers les basses sphères: la technique et la pratique me manquent, font défaut. 
Il n’y a aucune issue.
Je me sens décrépir avec les ans.
Il faudrait sans doute retrouver cette consistance… ce maintien… 
Demeurer calmement, chaque jour, sur un objet… Jusqu’à le maîtriser??? 
I wonder. Ne pas avoir de doutes, au fond. Le doute… tout le monde le loue, tout le monde en parle, alors que dans les faits… seuls ceux qui n’en ont pas réussissent.
Lorsque je doute, je n’écris pas, je ne lis pas, je ne compose pas, je ne pense pas…
Dans le doute rien n’est plus possible. Doute-cage, doute-prison.
C’est une telle mode, un tel poncif de faire l’éloge du doute.
La seule chose qui marche dans notre monde…le fanatisme. La folie du savoir, de la conviction
Tout le monde écoute celui qui sait – déjà simplement parce qu’il… parle… il agit… 
L’homme en doute est défectueux, il sera éradiqué par la grande machine nature. Un exemplaire moins apte, à la trappe. L’écrivain qui doute n’écrit pas. Souvent, (même si c’est bateau) l’écrivain doute sur d’autres choses que sur l’écriture (relations, professionnel, politique, etc..): c’est un inapte dans d’autres branches, mais pas dans l’écriture (où il a suffisamment de confiance, ou d’inconscience, pour écrire…). Mais lorsqu’on a le doute de l’écriture… on n’écrit plus.
Étrange que je parvienne ainsi à écrire… Alors que tout ce qui sort de moi est merdique, sans valeur, etc…
Si je me disais que maintenant je me dirigeais un tant soit peu… vers.. cette Oeuvre, qui m’obsède, etc…, … je ne pourrais émettre un seul mot.
La seule garantie d’expression est la sudation, l’excrétion, la sécretion (pus)… Rejeter en paroles merdiques une chose pourrie de l’intérieur.
Explosante-fixe
Voilà un monsieur bien glorieux… 
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échec de la lecture

J’ouvre le livre. J’avance un peu. Puis je sens que je décroche. Je ne comprends plus. Il faudrait rester, faire des efforts, revenir sur le passage jusqu’à ce qu’il rende gorge. Car, je le sens, si je ne comprends pas ce passage, je ne comprendrai pas la suite, etc… Et du coup… Tout s’arrête. 

Je n’ai pas la force de comprendre: il en faudrait tellement! Et en plus, la lecture se ralentit… Et du coup… le livre devient  immense, interminable (et je vois tous les livres à sa suite…). 
Je lâche tout.
Échec.
Ou alors continuer sans comprendre? Parier sur une compréhension future??? 
I wonder..
Et ce scénario se répète depuis tant d’années… 
Ce n’est pas le livre, c’est moi. C’est moi qui n’arrive pas à la bonne configuration d’esprit, le bon usage de moi dans la lecture… C’est moi qui ne parviens pas à comprendre.
Et du coup la lecture m’est interdite… 
(ou alors une lecture superficielle, qui passe et qui s’oublie, comme les qq jours précédents)

Il faudrait

mettre l’écriture au centre.

Écriture… subordonnée à un concept à la fois plus large et plus resseré (cf. le badiousisme “exégèse serrée”) de pensée, concentration, focus, quelque chose comme ça (lol le concept, trois mots… foutage de gueule)…
Mettre l’écriture au centre, c’est-à-dire 
– sauvegarder un temps précis pour l’activité en question
– subordonner la lecture à l’écriture 
– commencer par l’impulsion d’écrire, et, si besoin est, aller chercher – dans la lecture, exemple typique, mais aussi ailleurs – les éléments manquant pour y parvenir
– ne pas fuir: persistance dans la tentative d’écriture (attention à l’illusion dans le point précédent, qui consiste à déclarer devant la première difficulté “qu’il y a un élément qui manque”): l’écriture comme chose autonome, à travailler en soi – et dans laquelle on peut injecter, par la suite, des connaissances, etc… 
***
Plus tard: nuance, tout de même. Il faut trouver un équilibre, un fonctionnement organique (?) entre les diverses choses. Écriture, lecture, etc… 
Aussi ce problème de quantité vs. qualité. Un dualisme de merde, comme d’hab (comme écriture/lecture, of course). 

rêve réveil

rêve… l’ancienne adolescente jamais connue… seulement par une erreur immense… N. 

Maintenant il n’y a que du froid, etc…
et là, dans le rêve, il y avait… l’enjeu du vierge, si terrible et dévastant pour moi, mais qui a l’attrait des meilleures épices.
Le réveil toujours sombre… ou presque. Décidément… 
At a loss in my work preparation. 

Char – Sur la poésie

[juste pour le lire]

J’admets que l’intuition raisonne et dicte des ordres dès l’instant où, porteuse de clefs, elle n’oublie pas de faire vibrer le trousseau des formes embryonnaires de la poésie en traversant les hautes cages où dorment les échos, les avant-prodiges élus qui, au passage, les trempent et les fécondent.
Il advient au poète d’échouer au cours de ses recherches sur un rivage où il n’était attendu que beaucoup plus tard, après son anéantissement. Insensible à l’hostilité de son entourage arriéré el poète s’organise, abat sa vigeur, morcelle le terme, agrafe les sommets des ailes.
Le poète ne peut pas longtemps demeurer dans la stratosphère du Verbe. Il doit se lover dans de nouvelles larmes et pou sser plus avant dasn son ordre.
Le poème est ascension furieuse; la poésie, le jeu des berges arides.
Le poète conservateur des infinis visages du vivant.
Le poète, susceptible d’exagération, évalue correctement dans le supplice.
Il n’est pas digne du poète de mystifier l’agneau, d’investir sa laine.
La poésie est de toutes les eaux claires celle qui s’attarde 
le moins au reflet de ses ponts.
Poésie, la vie future à l’intérieur de l’homme requalifié.
Terre mouvante, horrible, exquise et condition humaine
hétérogène se saisissent et se qualifient mutuellement. 
La poésie se tire de la somme exaltée de leur moire.
Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir.
Certains réclament pour elle le sursis de l’armure;
leur blesseure a le spleen d’une éternité de tenailles.
Mais la poésie qui va nue sur ses pieds de roseau, sur ses
pieds de caillou, ne se laisse réduire nulle part.
Femme nous baisons le temps fou sur sa bouche,
où côte à côte avec le grillon zénithal, elle chante 
la nuite de l’hiver dans la pauvre boulangerie, sous la mie 
d’un pain de lumière.
Le poète ne s’irrite pas de l’etinction hideuse de la mort,
mais confiant en son toucher particulier transforme toute
chose en laines prolongées.
Au seuil de la pesanteur, le poète comme ‘araignée construit sa
route dans le ciel. En partie caché à lui-même, il apparaît aux 
autres, dans les rayons de sa ruse inouïe, mortellement visible.
Le logement du poète est des plus vagues; le gouffre d’un 
feu triste soumissionne sa table de bois blanc.
La vitalité du poète n’est pas une vitalité de l’au-delà mais
un point diamanté actuel de présences transcendantes et 
d’orages pèlerins.
Être poète, c’est avoir de l’appétit pour un malaise dont la 
consommation, parmi les tourbillons de la totalité des choses 
existantes et pressenties, provoque, au moment de se clore,
la félicité.
le poème donne et reçoit de sa multitude l’entière démarche
du poète s’expatirant de son huis clos. Derrière cette persienne
de sang brûle le cri d’une force qui se détruira elle seule parce
qu’elle a horreur de la force, sa soeur subjective et stérile.
Le poète tourmente à l’aide d’injaugeables secrets la forme et
la voix de ses fontaines.
Le poète recommande: “Penchez-vous, penchez-vous
davantage.” Il ne sort pas toujours indemne de sa page, mais
comme le pauvre il sait tirer parti de l’éternité d’une olive.
À chaque effondrement des preuves le poète répond par une
salve d’avenir.
Après la remise de ses trésors (tournoyant entre deux ponts) et
l’abandon de ses sueurs, le poète, la moitié du corps, le 
sommet du souffle dans l’inconnu, le poète n’est plus le reflet 
d’un fait accompli. Plus rien ne le mesure, ne le lie. la ville
sereine, la vielle imperforée est devant lui.
Debout, croissant dans la durée, le poème, mystère qui intronise.
À l’écart, suivant l’allée de la vigne commune, le poète, grand
Commenceur, le poète intransitif, quelconque en ses splendeurs
intraveineuses, le poète tirant le malheur de son propre abîme,
avec la Femme à son côté s’informant du raisin rare.
Magicien de l’insécurité, le poète n’a que des satisfactions 
adoptives. Cendre toujours inachevée.
Je suis le poète, meneur de puits tari que tes lointains, ô mon 
amour, approvisionnent.
L’expérience que la vie dément, celle que le poète préfère. 
Au centre de la poésie, un contradicteur t’attend. C’est ton 
souverain. Lutte loyalement contre lui.
En poésie, devenir c’est réconcilier. Le poète ne dit pas la
vérité, il la vit; et la vivant, il devient mensonger. Paradoxe
des Muses: justesse du poème.
Dans le tissu du poème doit se retrouver un nombre égal de 
tunnels dérobés, de chambres d’harmonie, en même temps
que d’éléments futurs, de havres au soleil, de pistes 
captieuses et d’existants s’entr’appelant. Le poète est le 
passeur de totu cela qui forme un ordre. Et un ordre insurgé. 
Poètes, enfants du tocsin.
La poésie me volera ma mort.
On ne peut pas commencer un poème sans une parcelle
d’erreur sur soi et sur le monde, sans une paille d’innocence
aux premiers mots.
La poésie est ce fruit que nous serrons, mûri, avec liesse, dans
notre main, au même moment qu’il nous apparaît, d’avenir
incertain, sur la tige givrée, dans le calice de la fleur.
Nous voici de nouveau seuls en tête à tête, ô Poésie. Ton 
retour signifie que je dois encore une fois me mesurer avec
toi, avec ta juvénile hostilité, avec ta tranquille soif d’espace,
et tenir tout prêt pour ta joie cet inconnu équilibrant dont je dispose.
[maintenant… il va falloir le lire]
[souffrance et respiration bloquée dans la dactylographie. Impossible d’écrire lentement – c’est-à-dire non pas toujours plus vite – et impossible de faire des pauses. Engagement et désengagement… Absolu enfermant, etc…]
[à l’opposé… lorsque j’écris… Je respire… Car il n’y a rien après… J’attends que l’idée vienne. Tranquillement – plutôt que le mot vienne. à plusieurs ou seul. Et s’il y a affluence… c’est décidément une affluence orgasmique, un autodépassement. Dans la copie… le texte me dépasse. Le texte, déjà écrit…, est comme un texte (ou un autre copiste) qui s’écrirait infiniment plus vite que moi. Concurrence. Victoire impossible sur le texte fini. Écriture intime qui abolit la compétition. Il n’y a que la solitude de la page. pff… même pas vrai.]

Des Rideas

Diable. Des tours de Bavel.

Il faut continuer ce projet. Enhortement! Enhortation!
Déjà il y a longtemps, je pensai (et expérimentai même, dans Dérives, si … hésitant encore), à la conquête, l’invasion d’un texte. Entre cancer (multiplicité foisonnante) et figuier étrangleur (absorbtion organique (léthale) de l’autre). 
Traduction comme Ergänzung. Comme une couche, un palier. 
Légitimation de la critique. 
Mais pour une vraie critique… Il faut quelque chose à la fois de plus proche (traduction) et de plus éloigné (poéticité/littérature) du texte original.
Prendre le texte. Le traduire… dans la même langue. 
Éloge de la paraphrase. 
Depuis la base paraphrase… plus d’ancrage, plus de précision, et plus de vague – individualité et force du discours. 
Pas de précision locale, mais précision et ultra-pertinence globale. Le geste. 
Un jour… (mon prince viendra, etc.)
***
Hallucinance devant une certaine clarté, écrite! car l’écoute, elle, reste à (re)venir, du Kammerkonzert de Ligeti. Contrepoint fascinant. 
***
Char?

29.10.2007 désir d’acheter… so many books

désir d’acheter… so many books

heidegger

  • einfürung metaphysik

  • Nietzsche

  • Hölderlin

  • holzwege

Wittgenstein tout

Husserl

Russel

Lancelot prose

Machaut

Légende du Graal (plusieurs versions)

Aliscans champion poches

Romans antiques

psychanalyse

etc…

PIndare

Sapho Alcée + lyriques

Catulle

+ partitions

Déracinement. Je me fais aspirer par tout ce désir.

Comme un arbre dans la tempête…

Très difficile de rester debout/en state face à l’immensité, l’infinité des savoirs

Bhagavad-Gita

Mahabharata

Ramayana

grammaires.. patanjali? panini?

28.10.2007 Heidegger,

Heidegger,

Sein und Zeit

Inhalt

Einleitung

Die Exposition der Frage nach dem Sinn von Sein

Erstes Kapitel

Notwendigkeit, Struktur und Vorrang der Seinsfrage

§ 1. Die Notwendigkeit einer ausdrücklichen Wiederholung der Frage nach dem Sein… 2

§ 2. Die formale Struktur der Frage nach dem Sein………………………………………………….3

§ 3. Der ontologische Vorrang der Seinsfrage …………………………………………………………5

§ 4. Der ontische Vorrang der Seinsfrage ……………………………………………………………….8

28.10.2007 Milton Paradise Lost

Milton Paradise Lost

Book I

Of man’s first disobedience, and the fruit

Of that forbidden tree, whose mortal taste

Of that forbidden tree, whose mortal taste

Of that forbidden tree, whose mortal taste

Of that forbidden tree, whose mortal taste

Brought death into the world, and all our woe,

Brought death into the world, and all our woe,

Brought death into the world, and all our woe,

Brought death into the world, and all our woe,

Brought death into the world, and all our woe,

With loss of Eden, till one greater man

With loss of Eden, till one greater man  

York Höller

Hésitation entre Beethoven et Schubert, entre Schönberg et Webern…

***
Hésitation… 
La soirée… La nuit de travail… 
D’abord le vide…puis un certain progrès… Une errance.
The Monk, Melmoth…. 
Ligeti…
Puis ubu.com, l’édition de l’inéditable… Stockage obsessionnel. Ron Silliman.
Ah!
Avant il y avait Paul Celan, Niemandenrosen. Du Bouchet. tumulte
La question Butor. La question Kafka (car pour Michel Leiris de Juliet). 
Puis, sur amazon, il y a aussi la Gesamtausgabe von Wittgenstein, 8 Bände… zu teuer…
Cazotte.
Quelques scribouillis. 
York Höller/Hans Zender… 
kiffant.
Il me semble facile de faire des traitillés sur un matériau, somme toute… fort peu littéraire. Petits points – petits segments… résumés? Même pas: après un certain temps, ce ne seront que des points, incompréhensibles (ou peu). 
Dire que le traducteur du Monk a enlevé tous les poèmes… Fou. Se dire que ce serait ennuyeux??? 
***
Revenir à l’idée de transgénéricité qui semble ressortir… flamboyer! dans l’oeuvre de Butor. 
Très attractif. 
L’Emploi du Temps était tellement insupportable d’inséduction, de lositude… Difficile de passer par dessus. Et pourtant, la construction est évidemment… intéressante… (il semble… effectivement, que quasi TOUT sujet… est intéressant…)
Retour, alors, au choix. Quelle est la base du choix? 
Hésitation