Old Old Words

drops from an archaeological ocean — to be reworked

Month: July, 2008

Nouvelle Géographie

Nouvelle installation.

Intéressant ce que cela peut apporter comme changements. Et comme découvertes. Une perspective vers un extérieur alors souvent renié, oublié, forclos, etc… Je me demande ce que cela pourrait donner.

Une écriture de la nuit, certes, mais une nuit habitée. De lumières, de passants, de voix.

Je me demande ce qui se pourrait produire dans une telle configuration.

Un projet? Une ligne directrice?

Il faudrait avoir une idée, avoir une impulsion.

Ou alors trouver comment mettre le vide, la médiocrité en mots, ou en notes…

Ce qui équivaudrait à abstraire ma forme du combat perpétuel de formes, partout, tout le temps… Illusoire. Orgueilleux et insécure. Mais peut-être nécessaire? Une illusion qui permet de travailler, etc?

***

Plusieurs problèmes concrets.

L’argent, les projets futurs.

Rien que l’idée de partir ou pas, etc…

L’idée de se présenter. Savoir se présenter à l’autre. Pimper son profile, dans la vie et sur le net. LOL Je me demande si cela n’est pas précisément une clé. Savoir se présenter. Savoir se mettre en scène, ou, ce qui est à la fois pareil et différent, savoir être absolument sincère et totalement revendicateur/toire dans cette sincérité.

Viser une transparence, mais également avec ses faces sombres, qui seront, par l’acte même de dévoilement, rendues brillantes (plutôt que de vivre dans le caché, etc…)

I wonder…

S’étaler partout, sans même imaginer que je pourrais … être vu – alors que je suis en vitrine, accessible aux yeux de tous. .

***

Mythique cette position de hauteur: je suis seul, à écrire, et je vois la schneck (singulière-plurielle) passer et repasser en bas..
Une petite peur du vide. Et aussi cette fascination.

Je suis là dans un coin de ville. Fou.

***

C’est ça, je crois. S’étaler. S’afficher…

Ou disons savoir inclure des moments d’étalement, d’affichage, dans mon développement. Des moments sans contrôle où je me révèle à l’autre.
Puis viennent les replis, etc…

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espoir

Le problème de l’espoir – lol ET des résultats – est central.

Croyance – fanatisme.

projet

Le problème semble s’articuler principalement autour du concept de projet.

Les capacités sont là, l’énergie sans doute aussi, etc.. Mais il y a une blessure, une cassure. Dès que je projette de faire quelque chose, le simple fait d’avoir planifié, d’avoir au-devant de moi cette étendue prévue, ce plan, cette surface éclairée – dès que le projet est là, je m’effondre.

Impossible de lire un livre si je prévois de le lire jusqu’au bout. Comme s’il m’était impossible de supporter qu’un projet que j’ai ne soit instantanément réalisé. Comme s’il m’était impossible de supporter une quelconque difficulté dans la réalisation, etc…

Du coup, des rayons entiers de livres achetés et non-lus. Peut-être, simplement, l’idée que j’ai trop de projets, et trop peu de réalisation… Que ce déséquilibre m’accable: je me vois impuissant enseveli sous les désirs, et incapable d’en assouvir aucun.

C’est fou. L’impression également que mes trois années d’études ne sont que du vide. Autant, lors de mon premier essai dans les lettres, il y avait encore pour moi des écrivains inspirateurs, des lectures nourrissantes, autant maintenant tout ce que je lis s’efface aussitôt, tout ce que j’étudie, je ne le finis pas, je ne le maîtrise pas, et l’effort investi n’est que du gaspillage.

Aucune chose que je fais ne se conserve, n’est réutilisable.

Du coup, l’énergie, elle aussi, est absente.

Il n’y a d’écriture que la lamentation, sans limite. Par petits soubresauts, par petits étouffements, vomissements, hoquets.

Une écriture, l’écriture intime, qui me réussit. Car par essence elle n’a pas de vue d’ensemble, pas de projet, pas de fin.

Une intervention ne dure que le temps éphémère où elle se crée. J’écris en connexion avec un état psychophysique, pendant quelques minutes. Ensuite j’arrête.

Et les textes n’ont de liens que ceux que ma personne, sa cohérence, si elle existe, leur procure.

Lecture

Toujours les mêmes cercles.

Rien lu, rien écrit, etc…

L’opposition saignante entre la virtualité et la réalisation. Je suis un être de rêves, etc…

Terrifiant.

Je vois ma bibliothèque. Tous ces livres que j’ai accumulés… ces 10 dernières années. J’en ai lu peut-être le 15% ?

Quelle misère.

Une “productivité” nulle.

J’ai vraiment l’impression de ne pas savoir lire.

Et le plus fou, c’est que ça ne me handicape pas dans mes études, dans mes relations. Il semble qu’il soit possible de développer des mécanismes de réflexions, une sorte de force intellectuelle, un peu comme un Operating System sur lequel il y a peu de données, mais qui fonctionne bien… Bizarrerie.

Comme pour les langues, dans l’idée de la grammaire générative. On assimile d’abord un système linguistique, plus ou moins universel, et on rajoute des langues par dessus.

Diable, comme ça me ronge, tous ces livres non-lus.

Cela me ronge exactement comme me ronge l’idée que je n’ai rien écrit, ou rien composé, ou rien fait dans ma vie que je considère comme valable.

Ou peu fait. Lorsque je regarde un nanar américain, le dernier en date étant Hulk, l’expérience est intense, j’ai l’impression de vivre.

Et ça se produit tellement rarement lors de la lecture… Je dois vraiment avoir une manière de lire extrêmement coincée, etc… Arg…

Je suis devant la montagne de livres, devant l’immensité de mon inconnaissance, et, vu que pour moi la lecture est une souffrance, je ne vois pas ce tas d’art comme une promesse de bonheur, mais comme un chemin de croix – contre lequel, toujours nietzschéennement, il faudrait se révolter…
Se révolter contre l’art, contre le dogme de la “culture”, etc…

Et en même temps, je dois bien y trouver du plaisir, à cet esclavage…

La petitesse

Il y a une honte dans ces petits messages. Dans des messages brefs.

Surtout dans des messages brefs qui ne contiennent pas grand chose.

Ni poésie, ni musique, ni pensée (etc…).

On pourrait concevoir un blog de haïkaï.

Un blog dense, qui évolue par à-coups. Au rythmes de publications qui ne sont pas une mise sous la vue publique d’un travail caché, secret, lent/long, etc.., mais au contraire une performance d’écriture. L’écriture qui serait aquarelle, rapide, subtile et fine: chaque trait correspondant à un petit éclair, une petite feuille qui frémit sur un arbre, dans l’esprit, un tressaillement minuscule, d’instant.

Et du coup une écriture qui peut être plate, ou simple. Mais qui recèle quelque chose. Recèle un instant. Ou est le témoignage de cet instant. Qui serait dépendante des choses autour d’elles, et non pas fixe, l’orgueil de l’éternité, etc…

Pensée

Il faut se rendre à l’évidence: si je ne lis pas autant, ou que je ne compose pas autant, ou que je n’écris pas autant, c’est que je ne pense pas assez… Ou je pense à d’autres choses que les choses qui génèrent la lecture, l’écriture, etc…

(en même temps c’est totalement faux)

**

Toujours cette idée que je peux trouver des milliers de livres intéressants à lire en un temps très très limité. Le nombre de livres à lire, ou que je désirerais lire, est immensément plus grand que le nombre de livres que je lis effectivement (lol je me mets si rarement au calme, à lire tranquillement, que du coup le nombre de livres lus est presque nul…).

Il faut peut-être assumer. Ne plus considérer qu’écrire, ou que lire, sont des choses importantes. Tout recentrer sur la pensée. Sur le fait d’être là et de générer cette sensation dans la tête, qui engendre des mots dans l’esprit, etc etc… N’essayons pas de décrire ce qui se passe, c’est absurde, ça ne mène à rien.

Flottance

J’aimerais ce soir pouvoir être en dehors du désir. En dehors de l’attraction de ces filles qui se la jouent, et qui jouent le même jeu que tout le monde, au final, un jeu de survie, de recherche de plaisir, de questionnement spirituel, etc..

J’aimerais pouvoir être là devant la vie sans rien sentir. Sans être, en fait. Me dissocier totalement de toute chose, être vide.

Se dissoudre.

***

Théorie de l’apprentissage: éviter la “spécialisation”: ne rechercher que le génial, partout. Sélectionner et ne prendre que les pics. Prendre le meilleur de l’époque, de la branche, de l’auteur, du livre… Ne jamais tout prendre, toujours séparer, prendre le plus élever. Entraîner cette capacité de choix.

Trou

Il y aura eu un trou en juin.
Mais cela ne compte pas.
Diverses écoutes, vagues.
Concerto pour piano de Ligeti.
Il y a une pudeur à écrire, même dans un relatif anonymat. J’imagine qu’avec une pratique plus régulière, il serait possible de dépasser un tel complexe. Grande question.
Toujours devoir dire, non pas parce qu’il y a quelque chose, évidemment, mais parce qu’il n’y a rien d’autre. Rien d’autre que le devoir, absolu et abstrait. Et peu d’autres activités possibles. La lecture est condamnée, les discussions aussi, reléguées à de la trivialité. Les formes, ou les projets sont voués à l’échec…
Du coup il ne reste qu’une chute en plusieurs moments. Chute du mot sur la page. Et réitération autant de fois que le blocage revient.
***
On peut sans doute résumer cela à une question d’espoir. Sans un espoir de qualité, de validité quelconque, l’activité est impossible. L’engagement est impossible.
Et c’est cela qui se produit en moi.
Impossible de me lancer dans quelque chose. Dès que l’activité est engagée, la fébrilité, l’angoisse vient et je dois en sortir. Je dois changer, ou retourner à la plainte écrite, au marmonnage.
Amusant de voir que l’écriture, aussi pauvre qu’elle soit, ou, plutôt, tant qu’elle reste pauvre, sans forme, sans projet, est le seul lieu qui possède une durée. Dans lequel je peux m’étendre, rester plus que dix minutes. Les autres activités solitaires ne sont que très brèves. la lecture et l’analyse (de livres ou de partitions), à moins de souffrances assez dures, ne peuvent durer que quelques minutes.
Quelle survie peut-il y avoir à un tel régime pour un “intellectuel”??